La Baie d’Hudson doit près d’un milliard $ à ses créanciers
Des documents légaux déposés par La Baie d’Hudson peignent le sombre portrait d’une entreprise lourdement endettée qui détient très peu de liquidités pour rembourser près de 1900 créanciers à qui elle doit 950 millions $. La Baie doit plusieurs millions de dollars à des entreprises derrière des marques bien connues comme Polo Ralph Lauren, Estée Lauder, Chanel, L’Oréal, Levi’s et Nike. Le plus ancien détaillant canadien cumule par ailleurs des dettes de 5,2 millions $ envers Revenu Québec, 2,3 millions $ envers l’administration fiscale de la Colombie-Britannique, 1,5 million $ envers Postes Canada, 1,3 million $ envers Toronto Hydro et 1,1 million $ envers la Ville de Montréal. La Baie, qui fin janvier n’avait que 3,3 millions $ en liquidités dans ses comptes, Le détaillant fondé en 1670 a déposé la semaine dernière une demande de protection contre ses créanciers afin de se restructurer. La Baie avait alors indiqué par communiqué qu’elle faisait face à des pressions externes, dont la guerre tarifaire actuelle en plus des changements d’habitude qu’ont apportés la pandémie de COVID-19. Des experts estiment toutefois que les problèmes financiers de l’entreprise canadienne émanent en partie des décisions de Richard Baker, un magnat américain de l'immobilier à la tête de la firme NRDC Equity Partners qui a acheté La Baie d'Hudson en 2008. Des experts estiment que les propriétaires de La Baie d'Hudson ont priorisé la gestion du parc immobilier de l'entreprise plutôt que de sa stratégie commerciale. Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui Le manque d'investissement dans les magasins est devenu plus apparent dans les dernières années avec des escaliers roulants et des ascenseurs en mauvais état et des systèmes de climatisation défectueux qui ont entraîné des fermetures temporaires l'été dernier. Le plan de restructuration du détaillant comprend la fermeture de certains de ses 104 magasins. L’entreprise cherche également à écouler une partie de ses stocks, évalués à près de 415 millions de dollars, selon des documents de cour. Les clients ne peuvent par ailleurs plus échanger leurs points ni en obtenir puisque le programme de récompense est suspendu, a confirmé un porte-parole de l’entreprise. Les clients qui ont des points sur leur carte devront donc attendre avant de pouvoir les utiliser. En date du 1er février, plus de 8 millions de personnes au pays détenaient des points d’une valeur de 58,5 millions $. Lors d’une audience prévue lundi prochain, la Cour supérieure de justice de l’Ontario devra décider si l’entreprise peut obtenir le financement nécessaire pour poursuivre ses activités ou si elle doit liquider des actifs afin de payer ses créanciers. Avec les informations de Jenna Benchetrit et de Meegan Read de CBCL'ampleur de l’insolvabilité est monumentale
, soutient Dina Kovacevic, rédactrice en chef d'Insolvency Insider Canada, un média numérique spécialisé dans les dossiers de faillites et de restructurations.Les montants dus à divers organismes gouvernementaux sont inconnus à ce jour
, indique également l’entreprise. Il en est de même pour les sommes dues à ses 9364 employés ainsi qu’à ses clients.Bientôt incapable de payer ses employés
ne sera pas en mesure dans les prochains jours de faire face à ses obligations salariales
, peut-on lire dans un document soumis à la Cour supérieure de justice de l’Ontario.
La marque n’est pas en bon état et les causes datent de plusieurs décennies. Ce n’est pas quelque chose qui est arrivé il y a quelques années
, soutient Doug Stephens, PDG de la firme Retail Prophet.J'y étais juste avant Noël, et il y avait de grandes sections du magasin qui étaient vides
, a remarqué Lawrence Archer alors qu’elle quittait vendredi une boutique La Baie de Toronto.Des fermetures de magasins et des points inutiles
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